Prenez d’un côté un système, Linux, dont les distributions sont d’abord des snapshots de paquets que l’on souhaite le plus cohérents possibles, en particulier concernant le versionnage des librairies dynamiques. Prenez de l’autre des applications, et non des moindres, Firefox et Chromium, qui soit veulent avoir leur propre cycle de release mélangeant correctifs et ajout de fonctionnalités (cas de Firefox), soit veulent carrément dépendre de versions forkées de libraries dynamiques, qui seront par essence difficiles à fournir par une distribution Linux (cas de Chromium).
Ces besoins à priori incompatibles obligent l’une des parties à bouger pour accepter le modèle de l’autre. En l’espèce, il semble que ce soient les packagers d’Ubuntu qui commencent à revoir leur position, en acceptant d’exécuter Firefox avec en dépendance les librairies que celui-ci fournit, et non celles de la distribution.
D’un côté cela permettra de garantir une plus grande homogénéité des versions d’un programme à travers différentes distributions. De l’autre, cela se fera au détriment de l’homogénéité des programmes entre eux au sein d’une distribution. Ainsi (et surtout) que de la consommation mémoire, si chaque programme en vient à vouloir ses propres versions de librairies dynamiques.