Voici mes notes prises au FOSDEM le week-end du 25-26 février, livrées telles quelles. C’est du brut, coco!
Samedi 25 février
10h30, Amphithéâtre Janson: le hasard fait que je suis assis à côté de Tommi Kumolainen, responsable de la plateforme maemo (le kit de développement du Nokia 770). Il fera une présentation demain matin de cette plateforme.
Première conférence: accueil, et FOSDEM dance
Conférence suivante: Richard Stallman sur les brevets logiciels. RMS insiste sur le danger des brevets logiciels en donnant deux exemples: la compression (compress, remplacé aujourd’hui par gzip), et le mode de recalcul utilisé dans les tableurs (basé sur le tri topologique). Un peu d’éthymologie: PNG est l’acronyme de PNG is Not Gif. Son discours évoque aussi un nécessaire “protectionnisme” des états vis-à-vis des rachats d’entreprises domestiques par des multinationales. Je remarque que Stallman a un petit tic amusant: entre deux parties de son allocution, il fait plusieurs petits pas sur place, en silence. Il parle sans notes, et il est en chaussettes. Ce qui ne l’empêche pas d’être un très bon orateur.
S’ensuit un discours du president de la FFE sur la GPLv3. Je préfère m’éclipser, pour faire un tour du côté des stands. Là, je retire un CD live de FreeBSD (Freesbie), qui est en développement très actif: vivement la version 2.0! Le stand VLC fait des démos très impressionnantes mais il est bondé. Halte aussi au stand Ekiga, nouveau nom de Gnomemeeting. Très bon contact: je leur achète un T-Shirt et décide d’aller voir la conférence de Damien Sandras.
12h00: après avoir acheté sandwich et boisson, le défi est de trouver un endroit au chaud pour s’installer. Il souffle un vent très froid qui rend cette tâche plus ardue! Heureusement, des escaliers me tendent leurs marches au soleil. Tout va bien
14h30: conférence Ekiga, précédemment connu sous le nom de Gnomemeeting, présentée par Damien Sandras. Cette conférence est en anglais, comme toutes les conférences ici, même si Damien est Belge. Je prends mes notes sur ma tablette internet et espère poster tout ça via le wifi, quand celui-ci sera mis en place par l’équipe réseau. La prochaine version d’Ekiga gèrera le SIP. Elle essaiera d’intégrer les contacts d’Evolution, DBUS. Ce sera un bon outil à utiliser en complément de iPBX (PBX VOIP soft) comme Asterisk. L’intérêt du SIP est qu’il n’est pas couvert par des brevets, contrairement à H323. Ekiga permet de téléphoner via internet, de faire de la vidéoconférence, de la messagerie instantanée. Un portage sous Windows est en cours.
15h00: conférence sur Asterisk, dans un amphithéâtre (Chavanne) complètement bondé.
Asterisk est un iPBX gérant différents protocoles de téléphonie, notamment les protocoles VoIP. Bientôt Jingle (le protocole de Google) sera aussi reconnu. Asterisk gère aussi le protocole IAX (qui lui est spécifique), moins gourmand que SIP. Asterisk peut être transparent pa rapport au NAT, ce qui en fait un complément très intéressant de Ekiga. En termes de programmation, il propose l’AGI, qui est une sorte de CGI spécifique à Asterisk pour la téléphonie.
16h00: retour au grand amphithéâtre Janson. Curieusement, il règne ici une odeur de choucroute. Ajouté aux canettes de coca et de bière jonchant le sol, cela commence à prendre un petit air d’Arène sportive américaine (Flushing Meadows?). Ian Pratt y fait néanmoins une conférence sur Xen 3.0 et la virtualisation.<br />
Xen doit permettre d’exécuter un ou plusieurs OS au-dessus d’un OS hôte. Xen a pour but de permettre la migration à chaud d’une machine virtuelle en conservant les connexions TCP ouvertes, et de gérer de l’équilibrage de charge par migration d’OS à chaud. En termes de rapidité d’exécution, la perte de performance dûe à Xen est quasiment négligeable. Xen supporte jusqu’à 32 processeurs virtuels, avec la modification à chaud du nombre de processeurs virtuels attribués à un OS esclave.
La citation du jour: Richard Stallman: “I don’t do Opensource”.
A la fin de l’allocution de Richard Stallman, un spectateur commence à poser une question sur “les investisseurs et le monde de l’Opensource”… il se fait instantanément couper par RMS, qui lui réplique “I don’t do Opensource”. Hilarité de la salle, c’est du Stallman tout craché.
Explication: l’Opensource consiste à donner le code d’un programme. Mais Stallman prétend qu’il faut non seulement donner le code de son programme, mais aussi imposer à ceux qui utilisent ce code de redistribuer leur code. C’est le principe du Logiciel Libre. Techniquement, on peut parfaitement soutenir que le Logiciel Libre est Opensource. Ce n’est pas l’avis de Stallman. Il considère le principe de l’Opensource comme insuffisant, et refuse donc à quiconque de prétendre que lui-même ferait de l’Opensource. C’est tout Stallman: ses fans diront qu’il est sans concession, les autres regretteront cette intransigeance qui peut lui aliéner ses propres alliés… ou dérouter ses interlocuteurs.
Dimanche 26 février
9h: j’arrive à l’ULB, il commence à neiger. Le hasard me fait rencontrer Geert Bevin, qui va présenter RIFE. J’allais chercher un café, lui voulait s’installer dans l’amphithéâtre Janson. On discute RIFE, Ruby on Rails, c’est vraiment intéressant. Je décide finalement de rester pour assister à la conférence de Geert, alors que je penchais au départ pour Maemo.
10h: Conférence RIFE. RIFE est un canevas de développement Web. Il est orienté Composant et non Requête. Et il propose beaucoup de services: persistance, templates, CMF, Web Services… Geert est vraiment très convaincant: l’infrastructure qu’il propose est très pensée et basée sur une réelle expérience des outils de développement web. Sa syntaxe de templates, par exemple, n’est pas dédiée au xhtml, mais permet aussi de générer du texte simple. Et RIFE/Crud apporte du dynamisme qui manque souvent aux applications Web en Java. Il reste à voir les impacts liés au Security Manager, en particulier. Mais RIFE apporte une concurrence très intéressante au couple Struts/Hibernate par exemple.
11h: Présentation de Selenium, par Jason Huggins, un américain de Chicago vraiment plein d’humour. Selenium est un environnement de test pour des applications Web. C’est un outil à la fois assez nouveau dans l’Opensource et déja très fonctionnel: il propose de rejouer des tests complètement ou pas à pas, par exemple. Selenium est un très bon complément de JUnit: là où JUnit aborde la problématique des test “par le bas” (tests micro, validant des élements atomiques du code), Selenium aborde les tests “par le haut” (tests macro, vu du côté utilisateur). Cela permet par exemple à Selenium de valider le Javascript d’une interface HTML, contrairement à ce que peuvent proposer des robots comme Mechanize ou JWebUnit. Selenium est multi-browser, multi-plateformes.<br />
Je souhaite à cet outil et à son auteur un brillant avenir.
La citation du jour: “It demoes well, and makes your client smile”. L’auteur de Selenium à propos de son outil. Pas besoin d’en dire plus: pour ma part j’en suis déja convaincu.
16h30: Gare du midi, dernières notes de Belgique. Bruxelles est vraiment une ville-monde. On y parle toutes les langues. J’ai acheté une pâtisserie belge à un pâtissier syrien pour “1 euro nonante”. J’ai parlé anglais à des belges avant qu’on ne se rende compte qu’on était francophones tous les deux. Dans le bus, on entend discuter tantôt flamand, tantôt wallon, et parfois dans la même conversation.
Bruxelles est aussi une ville à l’architecture immense. Les bâtiments gigantesques y sont très communs, et imposent leur masse au milieu d’une ville parcourue par les 2 fois 4 voies. Pas d’extravagances par des partis pris esthétiques radicaux: ici la démesure s’exprime par les dimensions.
Et pourtant… et pourtant on se surprend à trouver tout cela très normal, presque familier. Est-ce dû au rythme de vie et à l’abord des habitants, plutôt “cool”? A ces rues souvent désertes, à cette foule parfois présente mais jamais oppressante? Difficile à dire. Ma perception est que Bruxelles est à l’image de l’Europe, et c’est pour cela que je m’y sens aussi à l’aise.
Quant à ce séjour au FOSDEM, je pourrais faire les mêmes remarques: on y voit de grandes choses, et on y croise des gens très cools. Merci aux organisateurs du FOSDEM, et à ses conférenciers, qui permettent au plus grand nombre de voir grandir aujourdhui des programmes que, je le souhaite, tout le monde utilisera demain!